Lean Skipper Lean Skipper Diagnostic des temps de cycle
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Méthode Lean Skipper · diagnostic de flux

Dix postes, un takt : où le flux se casse

Relevez le temps de cycle de chacun de vos postes, posez le Le takt est le rythme imposé par la demande du client, jamais par la machine : temps d'ouverture disponible ÷ demande sur la même période. Huit heures de production pour 480 pièces : 60 secondes par pièce. C'est un métronome, pas un objectif de performance — il ne se négocie pas, il se subit, et tout le reste se règle dessus. Un poste dont le temps de cycle dépasse le takt ne tiendra pas la demande, quel que soit le zèle de qui l'occupe., et le reste se calcule tout seul : le Le goulot est le poste au temps de cycle le plus long : c'est lui, et lui seul, qui fixe le débit de la ligne entière. Deux conséquences pratiques, qui viennent de la théorie des contraintes d'Eliyahu Goldratt (« Le But », 1984) : une heure perdue au goulot est perdue pour tout le système et ne se rattrape jamais ; une heure gagnée ailleurs qu'au goulot ne vaut rien — elle ne produit que du stock devant le poste suivant. D'où la règle : on ne renforce QUE le goulot, et quand il se déplace, on recommence., l'écart au takt et le D'où vient le chiffre. Le lead time affiché vaut nombre de postes × temps de cycle du goulot. Le goulot, c'est le poste le plus lent : aucun autre ne peut sortir plus de pièces que lui, donc c'est lui qui impose sa cadence à toute la ligne. Une pièce reste à CHAQUE poste le temps d'un battement de goulot — qu'elle y travaille, ou qu'elle y attende. C'est la théorie des contraintes d'Eliyahu Goldratt (« Le But », 1984) : le goulot commande le débit de tout le système, et lui seul.

Et c'est exactement la loi de Little. Elle tient en trois mots : délai = en-cours ÷ débit. Ici, l'en-cours d'un flux pièce à pièce vaut une pièce par poste, soit N. Le débit est celui du goulot : une pièce toutes les C secondes, donc 1/C. Le délai vaut donc N ÷ (1/C) = N × C. Rien d'autre. Démontrée par John D. C. Little en 1961, elle vaut pour n'importe quelle file stable, sans aucune hypothèse sur la façon dont les pièces arrivent — c'est le résultat le plus rentable de toute la théorie des files d'attente, et il tient sur une ligne.

Ce qu'il faut regarder. La SOMME des temps de cycle, c'est le travail réellement contenu dans une pièce. N × C, c'est le temps qu'elle met à traverser. La différence est l'attente que le goulot impose à tous les autres postes. Au départ : 6 × 80 = 480 s de traversée pour 300 s de travail — donc 180 secondes payées à regarder passer. Survolez la carte « Lead time », elle donne les trois chiffres.

Deux leviers, deux seulement. Faire tomber la cadence du goulot — chasse au gaspillage, outillage, effectif au bon endroit — ou traverser moins de postes, en regroupant. Tout le reste déplace le problème : ajouter un poste baisse la cadence mais rallonge la traversée d'une station, et sous-traiter fait baisser le chiffre du tableau en allongeant le vrai délai.

Ce que le modèle ne compte pas : les tailles de lot, les stocks au-delà d'une pièce par poste, les pannes, les changements de série. Le lead time réel de votre atelier est plus long — et l'écart, c'est encore de l'en-cours, toujours par la même loi de Little.
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Six postes sont posés en exemple, avec les chiffres du support de cours. Effacez-les et mettez les vôtres : le nom, le temps de cycle en secondes, l'effectif. Les quatre derniers emplacements sont vides — ils ne comptent nulle part tant qu'on ne leur donne pas de temps de cycle.

Temps de cycle Goulot (au-dessus du takt) Takt Cadence (goulot) Cycle repris d'un autre poste Sous chaque poste : cycle (s) · effectif
TAKT

Chaque stratégie n'agit que sur les postes au-dessus du takt — et se cumule. « Réduire le lead time », lui, prend le poste le plus court et l'empile sur le deuxième plus court. Deux leviers, deux seulement, font tomber le lead time : baisser la cadence du goulot, ou traverser moins de postes. La ligne du dessous dit ce que le geste coûte ailleurs.

PosteVA (1 pers.)NVA (1 pers.)EffectifTemps de cycle
Découpe40 s60 s250 s
Assemblage60 s100 s280 s
Soudure20 s40 s230 s
Peinture40 s40 s240 s
Contrôle30 s50 s240 s
Emballage80 s40 s260 s
Postes 7 à 10vides

Takt de départ : 60 s. Goulot : l'assemblage, à 80 s — c'est lui qui impose sa cadence. Lead time : 6 postes × 80 s = 480 s, dont 180 s d'attente (le travail contenu dans une pièce n'en fait que 300).

Astuce de Tiago

Commencez toujours par les trois leviers gratuits — chasser le gaspillage, lisser la charge, redistribuer les équipes. La salle voit le goulot tomber sans un euro, et c'est l'argument de toute la démarche. Gardez « Automatiser » pour la fin, avec le rappel qui vaut de l'or : automatiser une NVA la rend rapide, propre et C'est le piège classique des projets de digitalisation : on numérise le formulaire au lieu de se demander pourquoi il existe. La séquence Lean tient en trois verbes, dans cet ordre : éliminer ce qui ne sert pas, réduire ce qu'on ne peut pas supprimer, automatiser ce qui reste et qui se répète. Faire l'inverse coûte cher et fige le problème dans un logiciel. Avec l'IA et le no-code à portée de tous, la tentation d'améliorer une NVA au lieu de la supprimer n'a jamais été aussi forte..

Méthode Lean Skipper · mode d'emploi

Cinq gestes, et vous avez votre diagnostic

  • 1 · Posez le takt. Temps d'ouverture disponible ÷ demande sur la même période, en secondes par pièce. C'est la seule donnée qui vienne du client, et c'est la ligne verte en tirets sur le graphique. Tant qu'elle n'est pas juste, rien de ce qui suit ne l'est.
  • 2 · Nommez vos postes et tapez leurs temps de cycle. Le nom se modifie d'un clic — il s'élargit quand vous écrivez dedans, donc n'ayez pas peur des noms longs. Le temps de cycle est le champ en or, en secondes : la durée réelle d'une pièce à ce poste, chronomètre en main, gaspillages compris. Pas la durée théorique de la gamme.
  • 3 · Réglez l'effectif. Le champ de droite. Le modèle tient le temps de cycle pour de la charge divisée par l'effectif : passer de deux à trois personnes fait tomber le cycle d'un tiers — si, et seulement si, le poste est réellement divisible. Une machine à cadence fixe ne l'est pas.
  • 4 · Lisez les cinq indicateurs. La cadence est le temps de cycle du poste le plus lent — le trait de braise sur le graphique. C'est lui qui commande le débit de toute la ligne, et rien d'autre. Les postes au-dessus du takt ne tiendront pas la demande : ils se contournent de rouge. L'écart au takt dit de combien. Et le lead time vaut le nombre de postes × cette cadence : une pièce reste à chaque poste le temps d'un battement de goulot, qu'elle y travaille ou qu'elle y attende. Survolez la carte, elle détaille le calcul.
  • 5 · Jouez les leviers. Chaque bouton n'agit que sur les postes au-dessus du takt, et se cumule ; le compteur retient vos choix. Sauf « Réduire le lead time », qui vise les deux postes les PLUS COURTS. Reculez d'un coup avec « Réinitialiser ».
Les quatre emplacements vides — à quoi ils servent

Les postes 7 à 10 sont dessinés en tirets et n'existent pour rien : ils ne comptent ni dans le lead time, ni dans l'effectif total, ni dans la recherche du goulot, et aucun levier ne les vise. Tapez-y un temps de cycle et le poste se réveille d'un coup, avec sa barre et son entrée dans tous les calculs. Effacez le champ : il se rendort, sans rien casser.

Une ligne de plus de dix postes ? Regroupez les opérations qui vivent au même endroit avant de venir ici — un yamazumi à quinze colonnes ne se lit plus, ni sur un écran, ni au mur d'un atelier. Et si vous avez besoin d'un support à votre format, écrivez-moi : leanskipper.com.

Ce que le modèle simplifie — et qu'il faut savoir
  • Le lead time compte une pièce par poste, pas une de plus. Il vaut nombre de postes × cadence du goulot, ce qui est exactement la loi de Little — délai = en-cours ÷ débit — avec l'en-cours minimal d'un flux pièce à pièce. Dès qu'un poste accumule une file devant lui, l'en-cours monte et le délai monte avec, dans la même proportion. Votre lead time réel est donc plus long, et l'écart, c'est du stock.
  • La cadence vient d'un seul poste. Le modèle suppose une ligne synchronisée sur son goulot, comme la théorie des contraintes le décrit. Une pièce y reste à chaque poste le temps d'un battement de goulot : elle y travaille Ci secondes et elle attend le reste. C'est cette attente qui fait l'écart entre le travail contenu dans une pièce et le temps qu'elle met à traverser.
  • Temps de cycle = charge ÷ effectif. Le modèle suppose la charge d'un poste répartissable entre ses opérateurs. Vrai pour du montage manuel, faux pour un four ou une presse : là, ajouter du monde ne change pas la cadence.
  • Les changements de série n'y sont pas. Ni les pannes, ni les rebuts, ni la variabilité. Un poste à 55 s de cycle et 70 % de TRS tient en réalité 79 s. Si vos postes ont des TRS très différents, entrez le temps de cycle divisé par le TRS : c'est ce que la ligne vous donne vraiment.
  • Un poste n'est jamais seul. Le vrai gain vient souvent d'un poste supprimé, pas d'un poste accéléré — d'où le levier « Réduire le lead time ».
Méthode Lean Skipper · les leviers

Neuf leviers : la synthèse

Rangés par ce qu'ils coûtent. La règle qui gouverne l'ordre : on ne dépense qu'après avoir épuisé le gratuit, et jamais sur autre chose que le goulot — une heure gagnée sur un non-goulot est une illusion.

LevierCe qu'il fait dans l'outilCoûtDélaiImpact lead time
Réduire le lead time (regrouper deux postes)Le poste au cycle le plus court rejoint le deuxième plus court ; les équipes se rejoignentNulImmédiatRéduit — un battement de goulot en moins
Chasse au gaspillageLa NVA des goulots baisse de 30 %NulImmédiatRéduit fortement
Lisser la charge (Heijunka)L'excédent du goulot part vers le poste le plus creuxNulQuelques joursRéduit
Redistribuer les équipes (Yamazumi)Un cinquième de la charge du goulot change de mainsNulImmédiatRéduit
Ajouter un posteLe goulot est coupé en deux postesInvestissementSemaines à moisCadence réduite, une station de plus à traverser
Augmenter les effectifsUne personne de plus sur chaque goulotRécurrent (mensuel)SemainesRéduit — si le poste est divisible
Augmenter l'outillageLe geste utile du goulot va 20 % plus viteInvestissementSemainesRéduit
Sous-traiterUne part de la charge du goulot sort de l'atelierRécurrentSemainesCycle réduit, lead time RALLONGÉ
Automatiser / robotiserLe goulot va presque deux fois plus viteInvestissement fortMoisRéduit — sur le bon poste seulement

Pourquoi regrouper deux postes fait tomber le lead time

Le poste le plus court rejoint le deuxième plus court : les deux équipes se retrouvent sur une seule station. L'effectif total ne bouge pas, donc le geste ne coûte rien. Le nouveau temps de cycle est la moyenne des deux, pondérée par les effectifs — donc jamais plus haut que le plus lent des deux : la cadence du goulot ne bouge pas d'une seconde, et le takt ne casse jamais.

Ce qui tombe, c'est le lead time : il y a une station de moins à traverser, donc un battement de goulot en moins. Soudure à 30 s (60 s de charge à deux) rejoint Peinture à 40 s (80 s de charge à deux) : 140 s de charge à quatre, soit 35 s de cycle. La ligne passe de six à cinq postes, l'assemblage reste le goulot à 80 s, et le lead time tombe de 6 × 80 = 480 s à 5 × 80 = 400 s — quatre-vingts secondes gagnées avec les mêmes douze personnes. La part reprise reste hachurée en or dans la barre d'accueil : on voit toujours d'où elle vient.

C'est le deuxième des deux seuls leviers qui existent sur un lead time : baisser la cadence du goulot, ou traverser moins de postes. Le premier demande souvent de l'argent ; le second n'en demande jamais — il demande du courage d'organisation.

Sa limite est ailleurs que dans l'argent : il faut que les deux opérations puissent tenir au même endroit, avec le même outillage et les mêmes compétences. Une soudure et une peinture ne cohabitent pas — c'est exactement le genre de question que l'outil vous force à poser, et c'est là qu'il sert.

D'où vient cet outil

C'est le graphique yamazumi du module 1 de mon cours d'excellence opérationnelle, rendu manipulable. Il sert en séance, debout devant l'écran, à faire voter la salle avant de cliquer : « qui met une personne de plus ? qui achète une machine ? » — puis à montrer ce que chaque décision fait vraiment au goulot et au lead time. Servez-vous-en librement, en formation comme en atelier. Une formation pour votre équipe ? leanskipper.com.